Le blog de Kouz

mardi, septembre 14, 2004

Ma belle-mère et les aubergines

Hier ma belle-mère s'est fendue d'un très maternel <Range ta chambre, c'est le bordel et j'en ai marre>, tout en me fusillant d'un regard style Je sais que je suis pas ta mère mais c'est chez moi ici. Pendant un instant, j'ai hésité à jouer le rôle de l'ado hystérique qui estime qu'il doit déjà supporter le fait que son père vit avec une autre femme que sa mère (c'est un coup que m'a appris mon pote Pascal, il appelle ça de la guerre psychologique, ça marche à tous les coups mais ça se finit également tout le temps par un regard réprobateur du paternel). Et que donc la chambre, elle pouvait se la mettre où je pensais. Puis d'un coup je me suis dit qu'il valait mieux pour tous que je la range, cette chambre, plutôt que de rentrer dans un face-à-face qui n'aurait rien donné si ce n'est des cris et des pleurs. La fatigue peut-être. Mon père était abasourdi.
N'empêche, elle me saoule la belle-doche. Tous les deux on sait bien qu'on s'aime pas mais elle doit tout de même s'épuiser à exercer une certaine autorité parentale lorsqu'on est chez elle, comme elle le dit si bien à mon père - qui apparemment ne le fait pas assez à son goût. Mais bon, je capte que ça doit pas être facile pour elle non plus de se retrouver avec deux gosses qui sont pas les siens et sur lesquels ne fonctionne pas son « autorité ».
Bref, juste après avoir rangé ma chambre sans ouvrir ma grande gueule, elle est venue toquer à ma porte. Je voulais juste te remercier, m'a-t-elle dit. Tu vois c'est pas si difficile et ça a été vite. Ouais. Mais qu'elle s'attende pas à ce que je bouffe ses saloperies d'aubergines ce soir, j'ai vu qu'elle en avait acheté. Je déteste les aubergines et elle le sait mais elle est persuadée que c'est pas vrai, que j'invente juste pour la faire chier. C'est bizarre qu'elle pense que je mythonne, j'en suis pas à ce point-là.
On passe donc à table le soir et elle déclare avec un grand sourire que ce soir, elle avait préparé du poisson pané. Je suis pas un amateur de poisson non plus mais ça passe mieux que les aubergines. Ma soeur me regarde en rigolant mais j'ai trop faim. Je ne lui prête même pas attention et je plonge dans mon assiette. Putain ! Des saloperies d'aubergines panées ! Elle avait essayé de faire passer les aubergines pour du poisson. Elle croyait que j'allais aimer puisqu'elle est sûre et certaine que je mens sur ce sujet. J'ai filé vers les toilettes avant d'aller râler dans ma chambre. Tu fais plaisir et voilà ce que tu récoltes : des sales aubergines dans ton assiette. Les adultes sont cons parfois.