Le blog de Kouz

mardi, novembre 29, 2005

Sale ambiance

C’est vraiment une sale ambiance à la dare depuis que ma petite sœur s’est fait captée avec des pills la semaine passée. La mère ne l’a toujours pas digéré et passe ses soirées à pleurer dans le salon. Je crois pas qu’elle l’ai déjà dit au padre. En tout cas, elle veut envoyer ma sœur à l’internat et le beaup’ ne sait pas très bien s’il doit faire quelque chose ou laisser la famille s’arranger entre elle. Je vous dis pas la bouffe du soir… sinistre.
Entre-temps, Keisha est revenue à la charge et je dois avouer qu’elle me manque de plus en plus malgré ma rage sur elle. Je lui ai proposé qu’on aille boire un verre histoire de parler de tout cela de vive voix, vu que, depuis Londres, on s’était pas encore vu. On s’est retrouvé dans un bar samedi soir. J’avais presque oublié comment elle est trop belle. Mais c’était vraiment trop space. Déjà, je savais pas comment lui dire bonjour : je l’embrasse sur la joue ? Sur la bouche ? Je l’embrasse pas ? Elle m’a devancé en m’embrassant sur la bouche. Mais y avait vraiment une bizarre atmosphère. Alors qu’on a l’habitude d’être survolté lorsqu’on est ensemble, là c’était silencieux comme dans un couvent. Y avait des moments où on entendait les mouches voler. On avait même du mal à se regarder dans les yeux. Entre dix blancs gênés, elle m’a redit ce qu’elle me disait depuis trois semaines ; qu’elle s’excuse, qu’elle m’aime, qu’elle voudrait qu’on recommence. Je lui ai répondu que j’étais un peu dans le flou. Je lui ai aussi raconté les tribulations de ma sœur et la déprime de ma mère. Je voulais qu’elle comprenne que j’avais d’autres problèmes aussi . Elle m’a demandé si il se passait quelque chose entre moi et Najiwa. Elle n’est pas revenue à l’école depuis Londres en fait. Elle est malade. J’ai essayé de l’appeler plusieurs fois mais je suis tout le temps tombé sur sa mère qui me disait qu’elle dormait. Je sais pas si elle me nie ou si elle est vraiment malade mais je pouvait dire à Keisha sereinement qu’il ne se passait rien entre nous. Entre parenthèse, la Marie ne me calcule même plus depuis l’Angleterre. Elle me nie grave la tronche et c’est vraiment pas plus mal.
On est resté une heure et demie au bar puis on a pris le bus et je l’ai raccompagné chez elle. De nouveau, y a eu une petite gène au moment de se dire au revoir. Je lui ai fais un bisou rapide et je lui ai dis que je l’appellerai. Et je crois que c’est ce que je vais faire. Entre la sœur qui fait sa crise et la mère qui déprime, j’ai pas envie de rajouter la copine qui se tire…

mardi, novembre 22, 2005

Mauvaise extase

Ma petite sœur a pété les plombs ! Elle vient de se faire caler par la maternelle qui a retrouvé des ecstas dans sa chambre ! Elle a 15 ans et elle se drogue déjà ! J’étais scié et super vénère en même temps. La mère était dans tous ses états : « Ma fille est une droguée, il faut aller chez le médecin, pourquoi ça m’arrive à moi, qu’est-ce que j’ai fait au bon dieu, … ». Elle devenait hystérique et je crois qu’elle était prête à gifler la gamine. J’ai essayé de la calmer en lui disant que c’était pas si grave que ça, que ça n’avait rien à voir avec de l’héro ou de la coke et que sa fille était toujours vivante. Pas moyen, elle pleurait toutes les larmes de son corps.
Des pilules, j’en ai jamais pris mais j’ai assez côtoyé de gens qui en gobaient régulièrement pour m’en faire une idée. C’est une grosse saloperie ! Comme toujours avec les drogues tout dépend de la personne qui en prend mais on parle d’amphétamines ici, pas de quelques joints. J’ai pris cette petite conne de sœurette à part et je lui ai demandé des explications. Elle m’a juré qu’elle n’en avait pris qu’une seule fois auparavant. Elle me l’a joué la fille qui assure et qui connaît le monde de la nuit. Elle traîne toujours avec des mecs plus âgés qu’elle et c’est vrai qu’on lui donne 17-18 ans (parfois on croit que c’est ma copine et pas ma sœur !) ce qui fait qu’elle a pris la grosse tête. Elle sort en boîte, elle s’habille sexy et elle a, apparemment, des mauvaises fréquentations, alors qu’elle n’a que 15 berges bordel.
J’ai réussi à lui faire comprendre que sous pilules, les gens faisaient parfois des trucs qu’ils n’avaient aucune envie de faire et que certains garçons profitaient des filles droguées. Je voulais aussi savoir qui lui avait refourgué la mate. Je lui ai donc soutiré le nom du keum qui lui avait filé les pills. Au départ, elle voulait rien me dire mais après quelques menaces, elle m’a lâché le nom du gars. « C’est pas de sa faute, c’est moi qui ai acheté, laisse tomber », m’a-t-elle supplié. Laisser tomber ? Je vais aller foutre la raclée de sa vie à cet enculé qui vend des ecstas à des gosses de 15 piges. Je vois bien qui c’est d’ailleurs. Il vend aussi du shit à l’école. Je l’avais déjà vu traîner près de ma sœur en plus mais j’avais pas fait gaffe. Je te jure, si en plus il avait des idées derrière la tête, c’est mon poing qu’il va avoir devant ! J’en ai rien à battre de qui il est, je vais lui mettre la pâtée.

mardi, novembre 15, 2005

Rupture ?

Je suis toujours dans le flou depuis le retour de Londres. J’ai eu Keisha quelques fois au téléphone. A chaque fois, ça a été une prise de tête pas possible. Elle pleure, je râle, elle crie, je raccroche, elle rappelle, etc. J’arrive pas à avaler le fait qu’elle se soit tapé un autre keum. Bourrée mon c.. ouais ! Y a pas d’alcool qui tienne, aussi stone que tu sois, tu sais toujours ce que tu fais. Moi je le savais en embrassant Najiwa… En tout cas, j’irai pas mythoner que je ne le voulais pas ! Si je l’ai fait à ce moment-là, c’est justement que j’en avais envie. In vino veritas comme on dit, la vérité est dans le vin. Conclusion : Keisha avait bel et bien envie de se taper ce mec. Elle me la joue pauvre petite qui tient pas l’alcool et qui regrette ce qu’elle a fait mais ça prend pas, je l’ai déjà vue bourrée et je sais qu’elle est encore lucide après quelques verres.
Le pire c’est que je sais qui c’est ce con avec qui elle est sortie. Un grand métisse de son école. Le genre de gars qui se croit dans un clip de rap bling bling et qui met un singlet et une serviette blanche autour de son cou quand il sort en boîte. Déjà bodybuildé à 16 piges ! Enfin, je vais lui en vouloir au gars, il drague une meuf, elle réagit positivement, il se l’enroule, c’est logique. Je vais pas me vénère sur lui, il sait même pas que j’existe, l’enc... !
Pendant les vacances de Toussaint, je suis resté chez moi à réfléchir à tout ça. J’ai toujours pas discuté avec Najiwa non plus. La solution la plus simple serait de renouer avec Keisha comme si de rien n’était. Faire preuve d’indulgence comme dirait mon paternel. Mais comment être sûr d’elle dorénavant ? Comme je peux être tranquille quand elle est ailleurs si je sais qu’elle s’est déjà laissé aller, si l’envie d’un autre a déjà été plus forte que ses sentiments pour moi ? Pas possible ! Elle me pardonne pour mon incartade avec Najiwa mais je crois que je suis incapable de faire pareil pour elle. Je vais être obligé de la nier.
Pour une fois que je tombe sur une meuf avec laquelle je me sentais vraiment bien, faut qu’elle se tape une autre keum. Les meufs peuvent être garces parfois, c’est grave. Je fais pas de généralités, les filles. Les mecs sont souvent tout aussi salopards.

mardi, novembre 08, 2005

Week-end à Londres

Je ne sais pas par où commencer. Il s'est passé tellement de trucs à Londres que j'arrive pas à bien réfléchir. Le mieux, c'est de partir du début... Mercredi passé, on est parti en train direction Waterloo Station où un car nous attendait pour nous amener dans les familles d'accueil, en banlieue. Chacun se demandait dans quel genre de famille il allait tomber. Avec Mehdi et Pascal, on a eu beaucoup de chance : on a hérité d'une famille trop cool, les Govern. Tony, Suzan et leur superbe fille de 17 ans, Sarah. On n'a pas compris grand-chose à ce qu'ils nous racontaient, mais ils étaient vraiment sympas. Le jeudi, on a visité le musée de cire de Madame Tussaud, on a été à Trafalgar Square et on a dû retrouver des indices en questionnant, en anglais obligé, les gens dans la rue. Vendredi, re-visite de la ville, re-jeu à quatre balles. Samedi, enfin, on a eu temps libre toute la journée et je me suis déniché des Reebok de la mort à Camden Town. Le samedi soir, on s'était donné rendez-vous à la place du quartier dans lequel on résidait avec les autres élèves. Pascal et Fred, un gars de sixième A, avaient acheté des bouteilles de vodka. Alors qu'on avait déjà un peu bu, mon téléphone a sonné. C'était Keisha pour me dire... qu'elle s'était enroulé un gars, la veille, en boîte ! Bourrée, soi-disant. J'étais tellement deg que j'ai même pas cherché à comprendre
et j'ai coupé mon G. Je me suis rué sur la vodka comme un ours affamé. C'est quand j'étais déjà bien atteint que Najiwa est arrivée. Je sais plus très bien ce qui s'est passé à partir de ce moment-là. Mehdi et Pascal m'ont tout raconté le lendemain. Apparemment j'ai foncé sur Najiwa pour l'embrasser. En voyant ça, Marie, la Russe, s'est pété la tronche avant de péter les plombs. Une demi-heure plus tard, elle a commencé à gueuler dans la rue avant de s'effondrer sur le sol. Vu que je m'étais trouvé un petit coin tranquille avec Najiwa (et je ne sais absolument plus ce qu'on a fait), j'ai rien vu de tout ça. Les autres ont demandé à Sarah de ramener de l'eau pendant que Sophie filait quelques claques à la comateuse. Elle s'est réveillée aussi sec et la vodka a fait le trajet retour. Pascal, Sophie et Najiwa, rameutée par les cris, l'ont raccompagnée dans sa famille. Pendant ce temps, j'ai continué à tiser, mais Mehdi m'a arraché la bouteille des mains et m'a ramené chez les Govern. Je me suis réveillé avec une barre de la mort et l'estomac dans un sale état. Le car est venu nous ramasser pour nous ramener à la gare. Y a pas un mot entre Najiwa et moi durant tout le trajet. Et je suis à peine rentré que Keisha m'appelle en pleurs. J'ai fait une connerie, je sais pas pourquoi, l'alcool, je t'aime, je recommencerai jamais, j'ai déconné, etc., etc. Je lui ai dit que j'étais sorti
avec Najiwa. Que moi aussi j'avais bu. Je ne lui ai pas dit que j'avais déconné. Je lui ai dit que je la rappellerais. Je ne l'ai pas encore fait.

mardi, novembre 01, 2005

L’hôpital qui se moque de la charité

Ca y est, demain on est parti pour London. Ca va être un voyage de la mort. Le prof d’anglais nous a laissé dans la même chambre, Mehdi, Pascal et moi. Je vous fais confiance, ne me décevez pas, nous a-t-il sermonné pendant toute la semaine. On va habiter chez une famille dans la banlieue de Londres. Tous les élèves plus ou moins dans le même périmètre. Ca va être trop de la balle.
Comme je serai parti tout le week-end prochain, je suis resté collé à Keisha samedi et dimanche derniers. Samedi soir on est sorti dans une boite r’n’b de BX. Enfin, ils disent hip-hop / r’n’b sur le flyer mais je ne sais pas où ils ont tapé le hip-hop, ils ont dû l’oublier en route ! J’adore sortir avec ma meuf parce qu’elle est toujours superbe. Le hic, c’est quand on sort dans une boite où elle va souvent et où elle connaît tout le monde, elle passe la moitié de son temps à dire bonjour à plein de gros lourds sapés comme dans un clip de Lil’Jon qui confondent Bruxelles avec le Bronx ou aux beaux gosses gominés persuadés que la coupe à la Beckham, le jeans G-star à 150 euros et la banane en bandoulière leur apporteront les nanas sur un plateau. Et ça colle et ça colle. Keisha a le défaut (la qualité ?) de ne pas savoir remballer quelqu’un sec. Et vient que je te fais des sourires, que je te dis bonjour, que je danse un peu trop près. Je l’adore, j’aime savoir que les autres keums la matent mais là, ça devenait un peu too much à mon goût.
Mais je déteste faire le jaloux de service. Je me suis baladé dans la boite et je suis tombé sur Cécile, une ex. Ca devait faire trois-quatre ans que je l’avais plus vue. J’avais quitté une gamine timide et limite sainte-nitouche et je retrouvais une femme aux formes avantageuses qui paraissait bien sûre d’elle, décolleté plongeant et bout de tissu quasi inexistant au-dessus des cuisses, en proie à la nuée de chacals qui lui tournaient autour. On discutait depuis à peine 5 minutes que Keisha s’est ramenée, le regard meurtrier. Je les ai présentées, elles se sont toisées avant que Cécile ne disparaisse dans la foule. Keisha a voulu rentrer tout de suite. Et elle m’a fait une crise de jalousie dans le taxi. Elle m’a dit qu’elle avait bien vu comment je regardais cette petite salope habillée comme une p… J’y croyais pas. L’hôpital se moquait de la charité. J’ai noyé le poisson, j’avais pas envie de me disputer. Là, je me concentre sur Londres, j’aurais une bonne discussion avec elle dès mon retour. J’ai horreur des gens qui te reprochent ce qu’eux-mêmes ils font sans vergogne.