Le blog de Kouz

mardi, novembre 09, 2004

Marabouté

Comme j'ai passé le week-end enfermé dans ma chambre suite à mes mauvais points, j'ai eu tout le loisir de réfléchir à Sophie et à ce qui s'était passé lors de la soirée chez Pascal. Fallait que je règle ça, je voulais pas perdre ma copine. Et on pouvait pas laisser la situation pourrir et oublier comme si rien ne s'était passé. J'aurais dû l'appeler dès le lendemain mais j'avais trop la honte.
Après deux semaines de niage et d'évitements, j'ai donc décidé d'aller lui parler de notre « soirée ». Je la chope à la sortie des cours et je me lance : Tu sais, pour la soirée chez Pascal, je voudrais m'excuser... j'étais pas... dans mon assiette et, euh, j'ai pas su faire autrement. Mal à l'aise, elle me répond : On avait tous les deux trop bu, on ne savait plus ce qu'on faisait.
Je ne savais pas comment le comprendre. Elle a voulu le faire seulement parce qu'elle était bourrée ? Je glisse donc sur la même pente pour voir sa réaction. Ouais, de toute façon c'est mieux comme ça non ? Ça aurait été bizarre, toi et moi. Elle semblait déçue par mes paroles. Ouais, trop bizarre. Bon, c'est réglé alors. À plus.
Elle est partie prendre son bus sans se retourner. Je me suis dit qu'elle avait raison en fait, les meufs, elles veulent de l'amour, de la romance, pas d'un mec bourré qui comprend rien à ce qui se passe autour de lui. Que c'est pour ça qu'elle me disait qu'on ne savait pas ce qu'on faisait. Et puis une première fois, ça se fait pas sur un coup de tête, surtout si elle est remplie de vodka.
D'un coup, j'ai senti que j'étais niqué, qu'elle avait envahi ma tête et qu'elle en éjecterait Najiwa et toutes les autres qui voudraient s'y glisser. Que c'était avec elle que je voulais le faire, pas avec une autre. J'étais marabouté, comme dit mon pote Sindanu. Une partie de mon cerveau me criait de courir après elle et de l'embrasser, là, devant toute l'école. Mais l'autre partie luttait contre cette idée saugrenue et beaucoup trop romantique pour un mec. J'ai tourné les talons et je suis monté dans mon bus.