Le blog de Kouz

mardi, septembre 28, 2004

Ils croient quoi ces grands ?

Franchement, aujourd'hui j'ai la veine grave. Après un week-end pourri - une soirée de merde samedi remplie de caves et vide de gonzesses et un dimanche de zone intégrale -, ce lundi fut encore pire. Déjà ça commence sérieusement à cailler sec et y a rien de plus chiant que d'attendre le tram dans le froid le matin, surtout si c'est pour aller à la school. Ça me met de mauvaise humeur d'entrée de jeu. D'autant que l'après-midi, il refait beau et que t'as pas l'air d'un con avec ta grosse veste d'hiver dans laquelle t'as trop chaud. Enfin bref, je vais pas vous faire un bulletin météo.
Arrivé devant l'école, je vois les grands de sixième en train de chauffer Adrien, le matheux de ma classe. C'est pas que c'est mon pote, le gars, mais je sais pas, ça me faisait mal tripper de le voir pleurnicher au milieu des trois connards qui le chambraient et lui foutaient les jetons. Je sais pas ce qui m'a pris, pourtant je suis bien au courant qu'il faut pas faire trop de vagues avec les sixièmes, mais j'ai ouvert ma grande gueule. « Vous avez rien d'autre à foutre que de le faire chier, bande de nazes », que je leur ai balancé. J'ai vu une lueur d'espoir dans les yeux d'Adrien, celle qui se ramène quand tu te sens un peu moins seul face à l'adversité. Et pour être moins seul, il était vachement moins seul vu que les trois types l'ont oublié en deux secondes trois dixièmes avant de me mettre aux premières loges de leur spectacle. « Ben si, on va te faire chier toi, dugland », qu'ils m'ont répondu. D'un seul coup j'ai vu l'année défiler devant moi, avec ces trois péquenauds à la sortie du tram tous les matins jusqu'en juin et je me suis dit : « Pourquoi t'as causé toi ? Hein ? Pourquoi ? ». Adrien lui, il avait disparu aussi vite que ses jambes chétives le lui permettaient. J'ai réfléchi le plus rapidement possible :
j'avais le choix entre capitulation, fuite ou affrontement. Pas le temps de peser les pour et contre. « Vas-y, balance-lui ton sac dans la face et balaie sa mère », m'a soufflé mon cerveau frigorifié. Et boum, le premier grand par terre ! C'est là que j'aurais dû changer de solution et passer d'affrontement à fuite... hélas les deux autres ne m'en ont pas laissé le temps. Résultat : je me suis fait corriger devant l'entrée de l'école. Tout le monde matait et personne bougeait. Les potes étaient toujours pas arrivés et c'est un éduc qui nous a séparés. J'ai mangé méchant et j'ai hérité d'un de ces yeux au beurre noir.
Quelque part j'ai la honte de m'être fait taper devant l'école mais je suis fier de pas les avoir laissés faire. Ils croient quoi ces grands ? Qu'ils peuvent nous faire chier comme ça ? Evidemment la mère, elle était moins fière et maintenant elle a peur que je retourne à l'école et veut venir me déposer juste devant. Sérieux, ça, c'est encore pire que d'affronter les sixièmes.

mardi, septembre 21, 2004

Les ficelles de l'écolier

Deuxième semaine de cours déjà et j'ai toujours pas réussi à approcher Najiwa ! Y a des moments ou je me demande si j'y arriverai un jour. Chaque fois qu'elle s'approche, j'ai le stress qui monte à mort et je trouve plus mes mots, je bafouille comme un cave. Conclusion : je finis toujours par sortir une connerie. Mes potes ça les fait bien marrer mais bon, moi je me tape la honte méchant et ça le fait vraiment pas. J'ai donc décidé de tenter l'approche par le niage. Je suis pas vraiment sûr que ça va attirer son attention mais ce sera toujours mieux que de lui dire : « euh... ça doit être grand l'Inde, non ? ». Parfois vaut mieux la fermer que de déblatérer des inepties. C'est un nouveau mot que j'ai appris, ça veut dire des couilles mais en plus poli. Je l'aime bien et j'essaye de le placer dans chaque phrase, surtout si elle est dans les parages. Ca fait style j'ai du vocabulaire. Mais bon, en vérité, je sais même pas si elle m'écoute.
En attendant parait que je gave tout le monde à parler d'elle. Même la maternelle - qui pourtant essaye toujours de s'insinuer dans ma vie amoureuse - m'a dit d'arrêter de parler tout le temps de, je cite : « cette Najiwa que tu ferais bien de me présenter ». Faudrait déjà que je me la présente à moi m'man...
Par contre y a un truc cette semaine qui nous a tous fait oublier la jolie nouvelle : Sophie, la petite blonde, s'est ramenée avec string rose qui dépassait de son jean. Un splendide spectacle qui a néanmoins perturbé plus d'un garçon dans la classe, surtout ceux qui étaient assis derrière elle. Les autres filles, dont Najiwa, paraissaient choquées. Y en a même une ou deux qui l'on traitée de pute. La prof de maths l'a envoyée chez le préfet qui l'a renvoyée chez elle se changer. N'empêche qu'en une seule matinée elle est devenue la fille la plus convoitée chez les garçons. Ce qui me fait rire c'est qu'au final, chez les filles, c'est le string qui tire les ficelles.

mardi, septembre 14, 2004

Ma belle-mère et les aubergines

Hier ma belle-mère s'est fendue d'un très maternel <Range ta chambre, c'est le bordel et j'en ai marre>, tout en me fusillant d'un regard style Je sais que je suis pas ta mère mais c'est chez moi ici. Pendant un instant, j'ai hésité à jouer le rôle de l'ado hystérique qui estime qu'il doit déjà supporter le fait que son père vit avec une autre femme que sa mère (c'est un coup que m'a appris mon pote Pascal, il appelle ça de la guerre psychologique, ça marche à tous les coups mais ça se finit également tout le temps par un regard réprobateur du paternel). Et que donc la chambre, elle pouvait se la mettre où je pensais. Puis d'un coup je me suis dit qu'il valait mieux pour tous que je la range, cette chambre, plutôt que de rentrer dans un face-à-face qui n'aurait rien donné si ce n'est des cris et des pleurs. La fatigue peut-être. Mon père était abasourdi.
N'empêche, elle me saoule la belle-doche. Tous les deux on sait bien qu'on s'aime pas mais elle doit tout de même s'épuiser à exercer une certaine autorité parentale lorsqu'on est chez elle, comme elle le dit si bien à mon père - qui apparemment ne le fait pas assez à son goût. Mais bon, je capte que ça doit pas être facile pour elle non plus de se retrouver avec deux gosses qui sont pas les siens et sur lesquels ne fonctionne pas son « autorité ».
Bref, juste après avoir rangé ma chambre sans ouvrir ma grande gueule, elle est venue toquer à ma porte. Je voulais juste te remercier, m'a-t-elle dit. Tu vois c'est pas si difficile et ça a été vite. Ouais. Mais qu'elle s'attende pas à ce que je bouffe ses saloperies d'aubergines ce soir, j'ai vu qu'elle en avait acheté. Je déteste les aubergines et elle le sait mais elle est persuadée que c'est pas vrai, que j'invente juste pour la faire chier. C'est bizarre qu'elle pense que je mythonne, j'en suis pas à ce point-là.
On passe donc à table le soir et elle déclare avec un grand sourire que ce soir, elle avait préparé du poisson pané. Je suis pas un amateur de poisson non plus mais ça passe mieux que les aubergines. Ma soeur me regarde en rigolant mais j'ai trop faim. Je ne lui prête même pas attention et je plonge dans mon assiette. Putain ! Des saloperies d'aubergines panées ! Elle avait essayé de faire passer les aubergines pour du poisson. Elle croyait que j'allais aimer puisqu'elle est sûre et certaine que je mens sur ce sujet. J'ai filé vers les toilettes avant d'aller râler dans ma chambre. Tu fais plaisir et voilà ce que tu récoltes : des sales aubergines dans ton assiette. Les adultes sont cons parfois.

mardi, septembre 07, 2004

La rentrée

Ce matin, c'était la rentrée. Ça me pompait grave de retourner à l'école même si les potes sont là et que le premier jour c'est toujours cool. Je suis arrivé dans ma nouvelle classe le moral dans les chaussettes, je repensais aux vacances, à l'Espagne, aux Espagnoles, à la plage, aux fêtes.
La plupart des têtes dans la classe, je les connaissais de l'année d'avant. Puis elle est arrivée, la plus belle fille du monde. Elle est nouvelle au collège et elle vient d'Inde. Elle s'appelle Najiwa. Lorsqu'elle est arrivée dans la classe tout le monde s'est tu, les mecs parce qu'ils avaient en face d'eux une véritable bombe et les filles parce qu'elles ont senti en un coup que les mecs ne s'intéressaient plus à elles. Elle avait l'air un peu perdue. Directement je me suis dit qu'il fallait que je me trouve un banc tout seul, le seul banc tout seul de la classe. Faites qu'il n'y en ait qu'un !
Je m'assieds donc au troisième rang du milieu, pas trop près du prof, pas trop près des potes. Pascal, mon meilleur ami, m'a regardé bizarrement en voulant s'asseoir à côté de moi. Qu'est-ce que tu te mets là, t'es con ? Viens, on va derrière avec les autres. Bouge de là, je lui ai dit, tout en regardant les places se remplir et Najiwa hésiter à en prendre une. Il a suivi mon regard, a vu qu'il ne lâchait pas la nouvelle et s'est retourné vers moi en me disant : Ouh, monsieur est dans le love...
Je ne regardais qu'elle et je l'ai même pas vu partir vers le fond de la classe en rigolant. Je l'ai vue regarder vers moi et vers l'autre place vide, à côté de ce con d'Adrien, le mec qui étudie pendant ses vacances alors qu'il a même pas d'exams de passage. Non, s'il te plaît, pas vers Adrien, ici, ici...
Salopard d'Adrien ! J'ai regardé derrière moi et toutes les places du fond étaient prises par des soi-disant amis morts de rire en voyant ma détresse. Tout seul, au troisième rang, c'est la merde. J'ai eu le prof à côté de moi toute la journée pendant qu'on devait se présenter un à un. Tu parles d'une rentrée... mais bon demain j'irai parler à Najiwa. Enfin... j'essaierai.