Ils croient quoi ces grands ?
Franchement, aujourd'hui j'ai la veine grave. Après un week-end pourri - une soirée de merde samedi remplie de caves et vide de gonzesses et un dimanche de zone intégrale -, ce lundi fut encore pire. Déjà ça commence sérieusement à cailler sec et y a rien de plus chiant que d'attendre le tram dans le froid le matin, surtout si c'est pour aller à la school. Ça me met de mauvaise humeur d'entrée de jeu. D'autant que l'après-midi, il refait beau et que t'as pas l'air d'un con avec ta grosse veste d'hiver dans laquelle t'as trop chaud. Enfin bref, je vais pas vous faire un bulletin météo.
Arrivé devant l'école, je vois les grands de sixième en train de chauffer Adrien, le matheux de ma classe. C'est pas que c'est mon pote, le gars, mais je sais pas, ça me faisait mal tripper de le voir pleurnicher au milieu des trois connards qui le chambraient et lui foutaient les jetons. Je sais pas ce qui m'a pris, pourtant je suis bien au courant qu'il faut pas faire trop de vagues avec les sixièmes, mais j'ai ouvert ma grande gueule. « Vous avez rien d'autre à foutre que de le faire chier, bande de nazes », que je leur ai balancé. J'ai vu une lueur d'espoir dans les yeux d'Adrien, celle qui se ramène quand tu te sens un peu moins seul face à l'adversité. Et pour être moins seul, il était vachement moins seul vu que les trois types l'ont oublié en deux secondes trois dixièmes avant de me mettre aux premières loges de leur spectacle. « Ben si, on va te faire chier toi, dugland », qu'ils m'ont répondu. D'un seul coup j'ai vu l'année défiler devant moi, avec ces trois péquenauds à la sortie du tram tous les matins jusqu'en juin et je me suis dit : « Pourquoi t'as causé toi ? Hein ? Pourquoi ? ». Adrien lui, il avait disparu aussi vite que ses jambes chétives le lui permettaient. J'ai réfléchi le plus rapidement possible :
j'avais le choix entre capitulation, fuite ou affrontement. Pas le temps de peser les pour et contre. « Vas-y, balance-lui ton sac dans la face et balaie sa mère », m'a soufflé mon cerveau frigorifié. Et boum, le premier grand par terre ! C'est là que j'aurais dû changer de solution et passer d'affrontement à fuite... hélas les deux autres ne m'en ont pas laissé le temps. Résultat : je me suis fait corriger devant l'entrée de l'école. Tout le monde matait et personne bougeait. Les potes étaient toujours pas arrivés et c'est un éduc qui nous a séparés. J'ai mangé méchant et j'ai hérité d'un de ces yeux au beurre noir.
Quelque part j'ai la honte de m'être fait taper devant l'école mais je suis fier de pas les avoir laissés faire. Ils croient quoi ces grands ? Qu'ils peuvent nous faire chier comme ça ? Evidemment la mère, elle était moins fière et maintenant elle a peur que je retourne à l'école et veut venir me déposer juste devant. Sérieux, ça, c'est encore pire que d'affronter les sixièmes.
Arrivé devant l'école, je vois les grands de sixième en train de chauffer Adrien, le matheux de ma classe. C'est pas que c'est mon pote, le gars, mais je sais pas, ça me faisait mal tripper de le voir pleurnicher au milieu des trois connards qui le chambraient et lui foutaient les jetons. Je sais pas ce qui m'a pris, pourtant je suis bien au courant qu'il faut pas faire trop de vagues avec les sixièmes, mais j'ai ouvert ma grande gueule. « Vous avez rien d'autre à foutre que de le faire chier, bande de nazes », que je leur ai balancé. J'ai vu une lueur d'espoir dans les yeux d'Adrien, celle qui se ramène quand tu te sens un peu moins seul face à l'adversité. Et pour être moins seul, il était vachement moins seul vu que les trois types l'ont oublié en deux secondes trois dixièmes avant de me mettre aux premières loges de leur spectacle. « Ben si, on va te faire chier toi, dugland », qu'ils m'ont répondu. D'un seul coup j'ai vu l'année défiler devant moi, avec ces trois péquenauds à la sortie du tram tous les matins jusqu'en juin et je me suis dit : « Pourquoi t'as causé toi ? Hein ? Pourquoi ? ». Adrien lui, il avait disparu aussi vite que ses jambes chétives le lui permettaient. J'ai réfléchi le plus rapidement possible :
j'avais le choix entre capitulation, fuite ou affrontement. Pas le temps de peser les pour et contre. « Vas-y, balance-lui ton sac dans la face et balaie sa mère », m'a soufflé mon cerveau frigorifié. Et boum, le premier grand par terre ! C'est là que j'aurais dû changer de solution et passer d'affrontement à fuite... hélas les deux autres ne m'en ont pas laissé le temps. Résultat : je me suis fait corriger devant l'entrée de l'école. Tout le monde matait et personne bougeait. Les potes étaient toujours pas arrivés et c'est un éduc qui nous a séparés. J'ai mangé méchant et j'ai hérité d'un de ces yeux au beurre noir.
Quelque part j'ai la honte de m'être fait taper devant l'école mais je suis fier de pas les avoir laissés faire. Ils croient quoi ces grands ? Qu'ils peuvent nous faire chier comme ça ? Evidemment la mère, elle était moins fière et maintenant elle a peur que je retourne à l'école et veut venir me déposer juste devant. Sérieux, ça, c'est encore pire que d'affronter les sixièmes.
