Le blog de Kouz

mardi, avril 26, 2005

Une "femme" avertie...

Je vous avais dit le mois passé que je pourrirai la vie de la soeurette après qu'elle m'a balancé au paternel. J'avais un peu laissé ma vengeance refroidir (ne jamais réagir à chaud) et, là, elle était à point. J'ai donc attendu la bonne occase pour lui retourner la pareille.
Y a deux jours, je la capte au téléphone avec une de ses copines. Elle n'arrêtait pas de parler de Mehdi, un des types de sa classe, et semblait toute contente d'aller à une soirée vendredi soir parce qu'il y serait aussi. Je me suis dit : je crois que tu ne vas pas pouvoir y aller ma petite et que tu vas devoir zoner dans ta chambre ! Je débarque donc dans sa piaule pendant qu'elle est au phone et je lui lâche qu'elle ferait bien de trouver un truc à faire à la maison vendredi soir parce qu'elle aura du mal à sortir après que le père a trouvé des clopes sur son bureau et entendu mon rapport accablant sur les types qui seraient à la soirée. Alors que je me délectais de son angoisse à être démasquée et de sa déception de ne peut-être pas aller à la soirée, je remarque un truc zarbi qui traîne sur sa table de nuit. Des capotes ! Des putains de capotes dans la chambre de ma petite soeur. Elle s'est tapé un gros fard quand elle a capté ce que j'avais vu. Qu'est-ce que tu fous avec des capotes, toi ? Pas de réponses, juste du stress sur le visage. J'insiste : si c'est pour vendredi, là c'est sûr que tu vas pas y aller, vengeance ou pas.
Puis j'ai compris qu'elle avait vraiment peur. Peur que je la frappe peut-être, peur de la réaction du daron certainement. Comme si j'allais battre ma soeur...
Là, je me suis dit qu'il fallait jouer son rôle de grand frère, qu'il fallait créer un climat de confiance pour qu'elle me cause. Je me suis assis à côté d'elle et je lui ai demandé calmement si elle comptait les utiliser ou si elle en avait déjà utilisé. Je crois qu'on a eu la première véritable discussion fraternelle depuis qu'on est nés. Elle m'a rassuré en m'affirmant qu'il s'agissait juste d'une précaution au cas où, qu'il valait mieux être une femme prudente. Ma soeur de 15 ans, une « femme » prudente... J'ai du mal, j'avoue, mais faut voir la vie en face, elle grandit. Tout ça m'a évidemment enlevé l'envie de me venger. J'ai passé un pacte avec elle : pas de vengeance sur sa soirée contre la certitude qu'elle réfléchisse bien avant de faire quoi que ce soit avec n'importe qui. Dur, dur d'avoir une petite soeur, je vous jure.

mardi, avril 12, 2005

Education sexuelle ?

Hier, en classe de morale, on a débattu des moyens de contraception et des rapports sexuels protégés. Tout un programme. Mais je préfère qu'on en parle en classe plutôt qu'avec les parents. Parler de cul avec ses vieux, c'est toujours trop bizarre. Mon père a essayé une ou deux fois mais il s'embrouille toujours un peu. Ma mère, je crois qu'elle n'ose même pas aborder le sujet. Ce qui est marrant, c'est qu'on en connaît plus que ce qu'ils osent imaginer mais jamais assez que pour ne pas avoir besoin d'explications. Les recevoir en classe me paraît donc être une très bonne chose. Évidemment, on sait tous comment ça marche. On en parle entre potes, on a vu des films mais les vraies questions, celles qui posent problème si on n'a pas les réponses, on n'en sait rien. Le préservatif est-il sûr à 100 % ? Si je n'en mets pas, qu'est-ce que je risque ? Quelles sont les autres maladies sexuellement transmissibles ? Est-ce que je peux attraper le sida si je ne le fais qu'une fois ?
Je me disais donc que j'allais poser toutes ces questions à ma prof pendant le débat. Mais la discussion avançait assez lentement - vu le peu de personnes qui prenaient la parole - et je n'osais pas ouvrir la bouche. Déjà, y avait toutes les filles, ça gêne toujours un peu. Puis, y a les potes devant lesquels t'as pas forcément envie de passer pour un cave en la matière. Question de réputation.
C'est Adrien, notre élève modèle numéro 1, qui a véritablement lancé le débat en demandant à la prof si c'était normal d'être toujours puceau à 16 ans. Il était pivoine et regardait par terre, mais il s'était jeté à l'eau. Eh ben, le mec, il a eu du courage parce que j'en connais des gars qui n'ont jamais rien fait d'autre que de rêver et qui, pourtant, se targuent de l'avoir fait depuis longtemps.
Je me demande d'ailleurs d'où vient cette espèce de compétition de vitesse typiquement masculine (moi je l'ai fais à 16 ans. Eh ben moi à 14 ans. Moi à 13... À 10 aussi, tant qu'on y est, bande de mythos). C'est flash, non ? Le type est mal à l'aise parce qu'il est puceau à 16 ans, alors que 90 % des types de l'école le sont. Tout ça parce que les mecs se divisent entre précoces, mythos et gênés, qu'ils sont tous à se la raconter et que ça fout la pression sur ceux qui croient leurs conneries. Je me disais tout ça, tout en me demandant si les filles étaient pareilles que nous. Si, être vierge à 16 ans chez les filles, c'était la honte ?
La prof ne savait plus où donner de la tête tellement la classe s'était emballée. Les filles : Vous n'êtes que des gros menteurs qui ne pensent qu'à ça. Les gars : Vous faites les choquées mais vous êtes pareilles. Les filles : Et l'amour dans tout ça ? Les mecs : Hein ?
De temps en temps, je jetais un coup d'oeil vers Najiwa. Elle détournait directement le regard. D'ailleurs, elle n'a pas dit un mot durant les deux heures. Bref, j'ai posé toutes mes questions et j'ai obtenu des réponses concrètes pour la plupart d'entre elles. Je suis rentré à la dare moins ignorant et avec une morale de l'histoire en tête : n'aie pas peur de poser les questions qui te turlupinent, qu'elles quelles soient et ne te laisse pas prendre par la pression mythomane des play-boys de bac à sable. Et surtout, tente ta chance avec Najiwa !

mardi, avril 05, 2005

L'anniversaire de Najiwa

Après le week-end à la mer avec mon pote (et sa très jolie maman), c'est Najiwa qui m'a invité à venir dans la maison de son oncle, en Ardenne. Pas de fausses illusions : elle ne m'a pas invité en solo. C'était son anniversaire et son oncle lui avait prêté sa maison ardennaise pour qu'elle puisse organiser une fête.
On s'est donc retrouvés à une vingtaine dans cette fermette. Pas de parents (juste la grande soeur de Najiwa qui est assez sympa), pas de souci pour rentrer à la dare - vu qu'on pieutait tous là - et son oncle avait fait le type sympa en nous laissant quelques bouteilles de champagne pour l'occasion. Pascal et moi avions été conviés mais, évidemment, pas Sophie. Cette tarée a fait un scandale à son mec pour qu'il ne vienne pas (et elle a réussi, la mégère) et j'y suis donc allé tout seul. Au départ, je voulais m'y rendre en train mais finalement je me suis arrangé avec Najiwa pour m'incruster dans la cage de son père. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas l'air de trop rigoler le daron. Les seuls mots qu'il m'a adressés durant toute l'heure du trajet furent : Faites bien attention les enfants, sinon ça va mal se terminer. Puis, il s'est retourné vers moi et a ajouté : Surtout si vous faites ce que vous ne pouvez pas... « Message reçu cinq sur cinq m'sieur, on se comportera convenablement. » Puis il est parti dans une diatribe en indien dont je n'ai, bien entendu, pas saisi un seul mot, mais qui avait l'air de mettre Najiwa mal à l'aise et de parler de moi. On est finalement arrivés à la maison où l'oncle nous a servi un laïus concernant l'excès d'alcool (alors qu'il nous refourguait des bouteilles
de champ', le schizo !). Il a aussi exigé que tout soit en ordre quand il reviendrait le lendemain soir. Normal. Et puis il s'est tiré avec le père de Najiwa.
On s'est donc retrouvés seuls à préparer la maison, avant l'arrivée de sa soeur et des autres. J'étais angoissé et gêné comme je l'ai rarement été. Et, même si je ne suis pas un expert en comportement féminin, elle avait l'air tout aussi gênée que moi. À part quelques banalités, on n'a pas dit un seul mot avant que les premiers invités n'arrivent.
La fête s'est bien déroulée ; on avait fait un feu dans le jardin et certains se sont même baignés dans la rivière qui passe juste à côté de la maison. On a sabré le champagne à minuit et tout le monde est venu donner son cadeau à Najiwa. J'ai attendu d'être le dernier pour lui offrir le mien (un collier avec une larme de verre en pendentif, assez classe, faut avouer). Et l'alcool aidant, je lui ai dit qu'elle comptait beaucoup pour moi, juste avant de piquer un fard. On a dansé jusqu'au petit matin et on s'est endormi dans le divan. Je me suis réveillé avec Najiwa dans mes bras. Je l'ai laissée dormir et j'ai commencé à ranger la maison. Deux, trois potes déjà debout m'ont aidé et lorsqu'elle a émergé, tout était clean. Elle était trop contente. On s'est regardés bizarrement, elle m'a dit merci en m'embrassant sur le coin des lèvres (le genre de baiser dont tu ne sais pas s'il est fait exprès ou si elle a juste un peu dérapé). Puis les parents sont venus nous rechercher et on est tous rentrés chez nous.
En fait, je crois qu'il faut que je me lance et qu'elle attend la même chose que moi. Mais j'en suis pas sûr non plus, elle veut peut-être juste un bon pote... Finalement, je crois que je vais encore attendre et observer un peu.