Le blog de Kouz

mardi, mai 30, 2006

Dans quel monde vit-on ?

Je stresse grave les gars. Les exams approchent à grands pas et mes derniers résultats sont loin d'être flamboyants. La mère me fout la pression grave : « T'as pas intérêt à faire le con ! », m'a-t-elle lâché vendredi suite à une interro de maths ratée. Faut que je bosse à fond ! Doubler sa rhéto c'est le pire qui puisse arriver non ? Mais je sais pas, pour le moment j'ai du mal à me concentrer sur le taf. Faut dire qu'entre Keisha qui est de plus en plus distante et Yasmine qui l'est de moins en moins...
C'est vrai que je ne devrais pas la voir sachant ce qu'elle veut mais je la trouve trop forte cette meuf. On passe de trop graves soirées ensemble. On peut discuter pendant des heures. Elle connaît toujours plein de trucs, elle a toujours lu un livre sur un sujet que je ne connais pas. Mais ce qui tue c'est qu'elle se la joue pas « madame je sais tout ».
La semaine passée, elle est arrivée chez moi avec cet article sur un gosse qui s'est fait violer par deux de ses copains de classe. Ils avaient 9 et 11 ans les gamins ! Le petit s'est fait sodomiser par l'un et a dû sucer l'autre. Et c'était pas à 10.000 kilomètres d'ici, c'était en Belgique, dans une école de chez nous ! Sérieux, je suis toujours scié par ce truc. Je me dis que c'est pas possible. Qu'est-ce qui s'est passé dans la tête de ces gosses pour qu'ils en viennent à violer un autre petit ? À 9 ans, je ne savais même pas encore vraiment à quoi servait ma bite ! Franchement, cette histoire, elle me poursuit. Je me demande vraiment ce que font les hommes pour qu'on en arrive à des trucs pareils. Alors, mes peines de coeur avec Keisha... c'est de la couille à côté !

mardi, mai 23, 2006

Le cinéma

Une salle de cinéma comme il y en a partout, une grosse cinquantaine de spectateurs, des couples, des jeunes et des moins jeunes, des groupes de potes. On s'installe, on entend les nachos qui craquent sous les dents et les mains qui puisent les pop-corn. Les pubs commencent, le bruit de fond s'estompe petit à petit. On aperçoit quelques retardataires qui cherchent leur chemin dans le noir et les écrans des GSM qui s'éteignent. Aaaah, le film commence, silence... Silence j'ai dit, bordel ! C'est quoi ces voix que j'entends trois ou quatre rangées derrière moi ? Je me retourne et je distingue cinq couillons qui doivent avoir entre 14 et 16 ans, les pieds sur les sièges de devant : deux au téléphone et les trois autres qui parlent entre eux. Pourtant, personne ne dit rien aux cinq clowns venus faire leur cinéma. On entend à peine le « chut » timide d'un père de famille assis à côté d'eux. L'écho est plus audible : « Qu'est-ce qui a !? T'as un problème !? » Pas de réponse... Je suis avec ma copine, si je fais le type, je ne peux pas me taper la honte, je dois assurer. J'y vais poliment mais avec gravité : « Vous pourriez faire moins de bruit, SVP ! » Le silence revient. Je crie victoire dans ma tête. Je les ai fait taire. Mais le olé est de
courte durée. Les bruits reviennent au galop. Je me vénère : « Je dois te le dire comment ducon, ferme-la, t'as pas payé 8 euros pour faire chier ton monde, non ? » Les dés sont jetés. Ils se taisent ou ils me chopent. Ouf, ils se taisent. À la fin du film, je file néanmoins avec Keisha. Pas envie de me faire rosser devant tout le monde par cinq gars. Question : pourquoi les gens, même les adultes, ont peur des gamins qui font du bruit au ciné ? Je cherche toujours la réponse.

mardi, mai 16, 2006

Un avant-goût d'été

Le soleil est revenu... il est reparti aussitôt. Il n'empêche, c'était cet avant-goût d'été que tout le monde attendait.
Des jupes qui se raccourcissent, des t-shirts qui se décollettent (est-ce que ça se dit ça, j'en suis pas sûr, mais vous avez tous compris, non ?), des samedis après-midi au parc où les blancs se prennent pour des blacks, sortent leur djembé et font de la capoeira, le sourire sur le visage des passants enfin heureux de sortir, le premier Magnum white strawberry de l'année, les frimeurs en décapotable avec le dernier Rhianna à fond sur la sono histoire que toute la rue en profite, les gosses qui jouent au foot et qui bloquent les mêmes frimeurs... Bref, c'est bientôt les vacances, la mer, le sable chaud et les barbecues qui se finissent en soirées arrosées, quoi !
Mais avant ça, on sent déjà poindre l'odeur des examens, des orages, des prises de tête avec les vieux sur la destination de juillet, la recherche d'un taf pour août (ou l'inverse, c'est selon), la miss qui va partir de son côté, les filles qui vont rester ici et qui vont mettre nos nerfs à l'épreuve, l'éventuel travail de vacances pour la school, la pression des vieux sur le choix du futur (unif, école sup, boulot ? Putain, je sais toujours pas !)... Aaaargh, l'été c'est tout aussi cool que chiant finalement

mardi, mai 09, 2006

Le signe

Ouf ! Je respire. Je ne suis pas encore papa. Je crois que c'est la première fois que je suis heureux d'entendre ma copine me dire qu'elle est indisposée. Pour Keisha, je pense que le soulagement est encore plus grand. On a vécu dans le stress pendant dix jours. Stress de la réaction des vieux, stress de la responsabilité, stress de rien assurer du tout. En fait c'était vraiment la faute à pas de bol. J'en ai parlé avec le grand frère de Pascal qui a 27 ans. Il me disait qu'il n'avait jamais eu de capotes déchirées alors qu'il en avait utilisé pas mal. Qu'il n'y a que 0,1 % de chance que ça arrive normalement. Je suis le 0,1 %, bordel !
Malgré tout, ça m'angoisse tout de même. Faudrait pas que ça arrive une seconde fois. Et c'est bien ça le problème, Keisha ne veut plus rien savoir. Et comme elle ne peut pas prendre la pilule sans que ses parents le sachent... c'est abstinence ! C'est fou la life tout de même. Yasmine me fait du rentre-dedans, je suis sur le point de craquer et paf, la capote pète avec Keisha. Peut-être y a-t-il un signe là-dedans ? En tout cas, Yasmine continue à m'appeler et à m'inviter en soirée. Là, ça fait deux fois de suite que je nie. Heureusement qu'elle n'appelle pas quand je suis avec Keisha, je devrais mythonner. En pensant à ça, je me suis senti trop con de lui avoir fait une scène sur le même genre de truc, y a quelques semaines. Putain, j'ai failli devenir père alors que j'ai failli tromper ma meuf. Se ressaisir, c'est ça le signe !

mardi, mai 02, 2006

L'accident

Depuis vendredi, je suis dans le stress grave. Je ne dors plus la nuit. Je me pose vingt mille questions mais je sais que je n'aurai aucune réponse avant plusieurs jours. Je crois que Keisha flippe encore plus que moi. Pourquoi ? Parce que la miss ne prend pas la pilule et que la capote a pété, putain ! 0,1 % de chance que ça arrive et c'est sur moi que ça tombe. Sérieux, la montée d'adrénaline que je me suis tapé une fois que j'ai remarqué le « problème ». Je me suis projeté neuf mois plus tard, un môme dans les bras sur les bancs de l'école. J'adore ma copine et je crois que c'est réciproque mais on est beaucoup trop jeune pour devenir parents. Je veux vivre ma vie d'ado avant. Je veux avoir des gosses mais d'ici dix, quinze ans, pas dix mois ! Qu'est-ce qu'on va faire si elle est enceinte ? Le garder ? Je crois que j'assumerai pas une minute. Avorter ? Dans le secret peut-être mais les parents de Keisha sont super croyants, s'ils apprennent ça, c'est la crise planétaire. Et puis, c'est traumatisant pour une meuf. Pourtant, je ne pouvais rien faire de plus que de mettre un préservatif. J'ai pas eu de bol. Keisha aimerait prendre la pilule mais ses parents ne lui permettraient pas. Ils ne savent même pas qu'elle n'est plus vierge. Là, on doit attendre de voir si ses règles sont en retard et, si elles le sont effectivement,
elle devra faire un test de grossesse. Je ferai ce qu'il faudra et je ne la laisserai pas tomber mais j'avoue que je serais soulagé si elle me dit que tout va bien. Bonjour l'angoisse...