L’appel
Elle a appelé ! Putain elle a appelé ! Vendredi soir mon téléphone sonne – je l’ai repris à ma mère grâce à la ruse du renard et à la patience d’un bouddha – et je ne reconnais pas le numéro. Je ne connais pas, je ne réponds pas et j’attends le message. Mais à la cinquième sonnerie, mes neurones se sont mises en branle et m’ont transmis un message: « Et si c’était Mélissa. T’as pas de crédit donc tu ne sauras pas la rappeler si elle laisse un message. Et si y a pas de messages, tu vas te demander tout le week-end si c’était elle, bref grouille-toi de décrocher ». Je réponds : « – Allô ? – Allô ? Kouz ? – Oui… - Heu… c’est… Mélissa ». D’un coup, mon rythme cardiaque s’est démultiplié. Mes neurones m’ont rappelé à l’ordre : « On se calme, c’est juste un téléphone. Pourquoi tu t’emballes comme ça ? ». « - Hé ! Mélissa. Comment ça va ? ». J’appelle mes neurones à l’aide, une bonne phrase vite, un truc chill, simple, mais un peu lover tout de même. « - Que me vaut l’honneur d’entendre ta jolie voix ? ». C’est bon ça ? Hé ! les neurones, j’avais dit « un peu » lover. « - Ben… rien de particulier. J’étais chez moi et puis… je me suis dit… demandé, si tu faisais quelque chose ce soir ? ». Elle veut me voir ! Je jubile en silence. Puis la douche froide. Ce soir ! Putain, je suis assigné à résidence. Je ne peux pas lui dire ça. « - Kouz ? – Heu… ben ça tombe mal, ce soir c’est… heu (vite une excuse)…l’annif de ma mère. Mais on peut peut-être remettre ça à demain ? ». Elle a dit non parce qu’elle devait aller dans sa famille. Mais qu’on remettrait ça au week-end prochain. Va juste falloir que je scie ma mère. Souhaitez-moi du courage…
