Le blog de Kouz

mardi, novembre 30, 2004

Comme deux aimants

Depuis deux semaines, Sophie et moi on est collés l'un à l'autre comme deux aimants. En classe, on s'assied l'un à côté de l'autre, on mange ensemble à midi et on bosse nos devoirs à deux le soir. Je suis trop content ! Mais chaque médaille a son revers et, en gagnant l'amour de Sophie, je suis en train de perdre l'amitié de Najiwa. Pire : mes potes, Pascal en tête, me tirent la gueule.
D'un côté je les comprends, c'est vrai que je n'ai plus de temps pour eux, vu que je le réserve à Sophie. De l'autre, qu'ils aillent se faire foutre ! Ils pourraient être heureux pour moi, non ? Moi, je le serais pour eux, je crois.
Dimanche, je me suis même trop pris la tête avec Pascal. Il m'appelait pour aller faire du snow à la piste de Lessines. Avec mes super cours de math - qui servent à quelque chose, cela dit, vu que mes notes remontent et que j'ai enfin capté comment résoudre une équation du second degré -, je ne suis libre qu'à partir de 15 heures. Et Sophie devait passer à la dare juste après. Tu commences à faire chier avec ta meuf !, il me lance à travers le téléphone. T'sais quoi, t'as qu'à rester avec Madame mais t'étonne pas qu'on t'appelle plus, qu'il me dit, trop vénère. Tu vas te calmer !, que je lui réponds. Tu vas pas me nier parce que je suis avec une go, et c'est pas vraiment ma meuf en plus, il s'est encore rien passé. Enfin, je vous passe toute la conversation qui a tourné au vinaigre pour se terminer par un «T'es qu'un sale con ! » de ma part.
Quand Sophie est arrivée, j'étais trop mal. Après cinq heures de math et un pote qui vous a gueulé dessus, vous le seriez aussi. Je lui explique ce qui s'est passé et c'est là qu'elle m'avoue que Pascal lui avait déjà fait des propositions. Putain, j'avais l'impression d'être dans un vieil épisode de Beverly Hills 90210 : Kelly sort avec Dylan qui est amoureux de Donna qui aimerait plaire à Steve mais Steve, lui, aime Kelly. Résultat : Steve et Dylan se parlent plus. Enfin, un truc dans le genre. Mais maintenant je comprends un peu mieux la réaction de Pascal, pourquoi il voulait jamais en parler et tout ça. Y a rien de pire que de la jalousie entre deux potes.
J'étais dép. Comme si les relations avec les filles n'étaient pas assez compliquées comme ça. Mais finalement, l'histoire se termine plutôt bien. Vu que j'étais pas super-causant, on est restés couchés l'un à côté de l'autre, à regarder le plafond et réfléchir. Et, en un coup, j'ai pris mon courage à deux mains et je l'ai embrassée comme dans les films. On n'a plus parlé pendant deux heures. Quand elle est partie je me sentais gonflé à bloc. Reste plus qu'à solutionner le cas « Pascal ». Et ça va pas être du gâteau.

mardi, novembre 23, 2004

Faut que je bosse !

J'ai plus trop droit à l'erreur là. En tout cas, si je veux sauver ma moyenne du premier trimestre et éviter les travaux de vacances. Avec les notes honteuses que je me suis tapées en maths et en chimie depuis septembre, j'ai intérêt à faire quelques cartons en interros et à réussir les exams de Noël. J'ai vraiment pas envie de snowboarder le matin et d'étudier l'aprem. Ou pire : ne pas partir à cause de mes notes.
La mère, elle veut que je prenne des cours de rattrapage le week-end avec Monsieur Ispacet. D'accord, j'ai du retard à rattraper mais putain, Monsieur Ispacet, c'est carrément la punition. Fouette-moi m'man tant que tu y es.
Ispacet, c'est notre prof de maths. La bosse des maths il l'a et il met beaucoup d'énergie à essayer de nous la refiler. Moi j'ai peut-être pas encore la bosse mais le mal de crâne, je le tiens bien. Fonctions, dérivées, combinaisons, statistiques, sinus, cosinus et autres trigonométries, pour mon esprit ça reste des mots, pas des concepts et encore moins des solutions. Le prof, il nous noie tellement sous les chiffres et les devoirs en nombre (normal pour un cours de math, vous me direz) qu'on l'a surnommé « Qu'il s'casse » à la place d'Ispacet.
Bref, j'aurai beau me plaindre, geindre ou feindre, je crois que je serai obligé de plier sous la pression maternelle. Et savoir que je vais passer mon dimanche à la maison avec Ispacet qui va me remplir la tête de problèmes, franchement ça me donne des nausées.
En ce qui concerne la chimie, c'est pas que je capte pas mais je vois pas très bien à quoi va me servir mon tableau de Mendeleïev d'ici deux-trois ans. Style, j'envisage pas vraiment de devenir chimiste émérite. Les maths même si ça me rebute, je comprends que ça forme l'esprit logique mais les molécules d'hydrogène et d'oxygène, moi je préfère les boire que les étudier. Bon, je sais, je fais encore de mon sale adolescent : y a certainement des raisons à tout et je remercierai peut-être un jour mon prof de m'avoir appris à dessiner la formule du sodium.
En attendant ce jour-là, je vais bosser la chimie pendant la semaine et « Qu'il s'casse » viendra me rendre visite le dimanche, histoire de rendre ma fin de week-end encore plus grise et morose. Et ça durera jusqu'aux examens... Au secours.
Positive !, me dit la daronne. D'office, je lui réponds. Si je positive alors que ton idée est négative, ça s'annule non ?

mardi, novembre 16, 2004

Bonjour les vacances !

Contrairement aux années précédentes, j'ai passé les vacances de Toussaint chez ma mère. Mon père était parti aux Maldives avec sa nouvelle femme et ma petite soeur. Moi, j'avais tellement de mauvaises notes que l'océan Indien m'est passé sous le nez. Autant vous dire que je l'avais mauvaise. Et ma traîtresse de soeur qui jubilait, genre « Je te ramènerai un cadeau de là-bas ». Fais la maligne seulement, rira bien qui rira le dernier. Quand les parents s'apercevront qu'elle fume des clopes en cachette... Mais celle-là, je la garde au frigo en cas de guerre nucléaire avec la peste, je vais pas faire la balance pour si peu.
Le pire c'est que Pascal est parti avec ses vieux à la montagne. Je me retrouve donc tout seul dans ce bled où crèchent la maternelle et son mec. Y a même pas de bus tout près, faut qu'elle me conduise si je veux bouger. Pour aller où de toute façon ?
Mais y a pire : vu que je me suis fait pincer avec mon G en classe comme un cave, la mère me l'a « gardé » pour cette semaine. Je peux même pas téléphoner ! Je veux pas me la jouer Rémi sans famille, mais c'est vraiment pas cool.
Comme ça au moins tu pourras te concentrer sur tes maths, me sermonne la mère. Elle a pas tort, je suis à la bourre question nombres, mais bon, c'est les vacances, merde ! Vu que j'ai plein de temps à rien faire et que j'ai vraiment pas envie de bosser mes maths, je passe mes journées à cogiter. Faut dire qu'avec Sophie et Najiwa, j'ai de quoi me prendre la tête. J'étais d'ailleurs dans un moment de réflexion intense lorsque le téléphone de la maison sonna. C'était Sophie. J'étais scié, comment elle avait réussi à avoir ce numéro ?
-Comment ça va ? Tu t'embêtes pas trop chez ta mère ?
- Si, à fond. Et toi tu fais quoi ?
- Je pense à toi !
J'ai eu une montée d'adrénaline comme si je devais me présenter devant toute l'école un jour de rentrée.
-Moi aussi je pense à toi tout le temps depuis la soirée...
C'est sorti tout seul comme si une partie de mon cerveau que je ne contrôlais plus avait fait un pacte avec mes lèvres et s'était lâchée, voulant se débarrasser d'un poids. Je suis encore parvenu, inexplicablement, à articuler :
-J'aimerais qu'on passe plus de temps ensemble.
- Moi aussi. Vraiment, m'a répondu Sophie.
On a passé toute la semaine au téléphone. Ma mère va me tuer quand elle verra la note - qui sera certainement plus élevée que celles que j'ai en math en tout cas.
Mais vaudrait mieux pour moi que je lui dise pas ça, je crois pas qu'elle aura assez d'humour.

mardi, novembre 09, 2004

Marabouté

Comme j'ai passé le week-end enfermé dans ma chambre suite à mes mauvais points, j'ai eu tout le loisir de réfléchir à Sophie et à ce qui s'était passé lors de la soirée chez Pascal. Fallait que je règle ça, je voulais pas perdre ma copine. Et on pouvait pas laisser la situation pourrir et oublier comme si rien ne s'était passé. J'aurais dû l'appeler dès le lendemain mais j'avais trop la honte.
Après deux semaines de niage et d'évitements, j'ai donc décidé d'aller lui parler de notre « soirée ». Je la chope à la sortie des cours et je me lance : Tu sais, pour la soirée chez Pascal, je voudrais m'excuser... j'étais pas... dans mon assiette et, euh, j'ai pas su faire autrement. Mal à l'aise, elle me répond : On avait tous les deux trop bu, on ne savait plus ce qu'on faisait.
Je ne savais pas comment le comprendre. Elle a voulu le faire seulement parce qu'elle était bourrée ? Je glisse donc sur la même pente pour voir sa réaction. Ouais, de toute façon c'est mieux comme ça non ? Ça aurait été bizarre, toi et moi. Elle semblait déçue par mes paroles. Ouais, trop bizarre. Bon, c'est réglé alors. À plus.
Elle est partie prendre son bus sans se retourner. Je me suis dit qu'elle avait raison en fait, les meufs, elles veulent de l'amour, de la romance, pas d'un mec bourré qui comprend rien à ce qui se passe autour de lui. Que c'est pour ça qu'elle me disait qu'on ne savait pas ce qu'on faisait. Et puis une première fois, ça se fait pas sur un coup de tête, surtout si elle est remplie de vodka.
D'un coup, j'ai senti que j'étais niqué, qu'elle avait envahi ma tête et qu'elle en éjecterait Najiwa et toutes les autres qui voudraient s'y glisser. Que c'était avec elle que je voulais le faire, pas avec une autre. J'étais marabouté, comme dit mon pote Sindanu. Une partie de mon cerveau me criait de courir après elle et de l'embrasser, là, devant toute l'école. Mais l'autre partie luttait contre cette idée saugrenue et beaucoup trop romantique pour un mec. J'ai tourné les talons et je suis monté dans mon bus.

mardi, novembre 02, 2004

Mauvais points

Depuis la semaine passée, Sophie et moi on s'évite. Enfin, non, je l'évite et elle me cherche. Mais j'ai trop la honte de ce qui s'est passé. Et comme si j'avais pas assez de soucis comme ça, hier, on a reçu les points des interros de maths et de néerlandais... Le moins que je puisse dire c'est qu'elles sont pas brillantes. Un 4/20 en ce qui concerne les fonctions à deux inconnues et un joli 3/20 pour mon « woordenschat » et les TP. C'est pas que ça me déprime, je suis sûr que je ferai mieux la prochaine fois - de toute façon pire ça va être difficile - mais va falloir faire comprendre cette rhétorique à la daronne. Sur le chemin de la maison, je réfléchissais à la manière la plus diplomatique de lui faire signer ces mauvaises notes. J'avais plusieurs solutions en tête.

1. Relativiser : « Tu sais, c'est pas si important pour le total final des points du trimestre, après y a les exams et les autres interros... »

2. L'embrouiller : « Mais tu vois c'est dû au fait que X1 n'est pas la fonction principale mais c'est X' qui compte, donc quand tu soustrais 3,14 de X' et que tu en fais le sinus, t'obtiens X = 5. Moi, j'avais X = 4, j'étais pas loin. »

3. Jouer la victime : « C'est le prof de néerlandais qui m'aime pas parce que je suis pote avec Pascal qui parle super bien flamand et qu'il a dit au prof que le flamand, ça servait à rien, qu'il n'y avait que la Flandre et la Hollande qui le parlaient et que maintenant le prof, il veut nous faire comprendre que le flamand il sert, à son cours en tout cas. »

4. Assumer en élève discipliné : « J'ai déconné, je sais, m'man. Ça n'arrivera plus, y a pas de problème. J'ai capté où j'avais fait les fautes et je serai plus attentif en classe. »

De toute façon, je savais que la sanction tomberait, quelle que soit la stratégie adoptée. Finalement, en tournant la clé dans la porte, j'ai opté pour la soluce numéro 1. Et j'avais bien raison... la sanction est tombée : « Ben non, bien entendu ce n'est pas si grave, tu te rattraperas. Ben, un week-end à la maison à réviser tes maths, c'est pas si grave non plus. Tu le rattraperas aussi. »

Je sais d'où j'ai hérité mon sarcasme en tout cas ! De toute façon, après la soirée de samedi dernier, ça me fera pas de mal de rester à la dare, ça m'évitera de foirer avec les meufs et d'être malade toute la journée.